La saison de la pêche bat son plein et si vous cherchez encore une destination pour cet été, nous vous présentons les 3 coups de cœurs de notre équipe dans les réserves fauniques de la Sépaq.
1er coup de coeur
Ashuapmushuan : le paradis du doré, du brochet et de l’aventure
Par Richard Monfette, coordonnateur d’édition

Un énorme brochet capturé par le neveu de l’auteur, William Dubuc dans la rivière Normandin.
Présentation du territoire
Située dans la magnifique région du Lac-Saint-Jean, la réserve faunique Ashuapmushuan s’impose comme un territoire incontournable pour quiconque vibre au rythme de la pêche. Si la portion sud du territoire abrite de belles populations de truites mouchetées, c’est avant tout la qualité exceptionnelle de la pêche au doré qui forge la réputation de cette destination. Le joyau incontesté de la réserve demeure le lac Ashuapmushuan lui-même. Ce plan d’eau tout en longueur affiche des caractéristiques parfaites pour le doré : des eaux foncées, une faible profondeur moyenne, ainsi que de multiples pointes rocheuses et hauts-fonds de sable. Alimenté par la rivière Normandin, qui réserve parfois de superbes surprises, ce lac est loué en priorité aux clients séjournant en chalet. Que les pêcheurs de passage se rassurent : la réserve regorge d’autres plans d’eau tout aussi généreux.
L’accès au territoire s’adapte aux différents équipements. Les pêcheurs transportant leur propre embarcation sur remorque peuvent facilement naviguer sur trois lacs majeurs : Ashuapmushuan, Chigoubiche et Aigremont. Une règle d’or s’impose toutefois pour protéger ces écosystèmes : un arrêt obligatoire à la station de lavage gratuite de l’accueil sud est exigé avant toute mise à l’eau. Pour les propriétaires de petites embarcations sans remorque, les secteurs Sud et Chigoubiche ouvrent les portes de nombreux lacs sauvages. Toutefois afin de freiner la propagation des espèces aquatiques envahissantes, l’usage des embarcations personnelles est dorénavant interdit dans les secteurs Nicabau et Charron. Pour y pallier, la Sépaq met à disposition de robustes chaloupes en aluminium de 16 pieds, disponibles avec des forfaits incluant le moteur, bien qu’il soit aussi permis d’apporter le sien. Pour vivre l’expérience ultime, je recommande de combiner quelques jours sur un grand plan d’eau et quelques journées d’exploration pure sur les lacs isolés du territoire.

Beaux dorés leurrés par l’auteur dans la réserve Ashuapmushuan.
Une pêche mémorable!
Cette formule d’aventure m’a d’ailleurs laissé des souvenirs impérissables lors de ma dernière visite. Rompant avec mes habitudes, ce n’est pas sur le grand lac principal que j’ai vécu mes plus beaux moments, mais sur le lac de la Coquille, un plan d’eau magnifique où je n’avais pas mis les pieds depuis vingt ans. À notre arrivée, mes vieux repères de pêche partagés autrefois avec mon oncle s’étaient effacés. Après quelques heures de recherche sur l’eau, le sonar a révélé une structure remarquable en plein milieu du lac : un haut-fond culminant à 16 pieds de profondeur, entouré d’une fosse plongeant à 40 pieds. L’écran s’est littéralement couvert de signaux de poissons. Enclenchant la marche arrière pour immobiliser le bateau sur la structure, j’ai laissé descendre ma dandinette. Le verdict fut instantané. Avant même que mes partenaires ne réalisent la manœuvre, un superbe doré combattait au bout de ma ligne. Le secteur était rempli de poissons. De toute ma carrière de pêcheur, je n’avais jamais vu un pareil banc de dorés; le leurre touchait rarement le fond sans déclencher une attaque féroce.

Gros brochet et belle mouchetée sont aussi omniprésents dans la réserve Ashupmushuan.
Le lendemain, nous y sommes retournés avec ma conjointe. La structure était toujours habitée par des bancs de dorés affamés. En explorant la portion nord-est du lac, nous avons déniché des spécimens encore plus lourds. Pendant que mon ami Daniel récoltait un trophée de plus de 7 livres à plus de 35 pieds de profondeur en utilisant un marcheur de fond de 3 onces à la traîne, nous cumulions les succès à la dandinette entre 15 et 20 pieds. Ma conjointe s’est particulièrement illustrée ce jour-là, me donnant une véritable leçon de pêche grâce à une imitation de sangsue en plastique souple. Au-delà du doré, le brochet est omniprésent sur l’ensemble du territoire et offre régulièrement des combats mémorables. Pour les amateurs d’ombles de fontaine sauvages ou de touladis, les petits lacs du secteur sud offrent une superbe alternative, parfaite pour diversifier un séjour de pêche.
Hébergement, camping et services
Les infrastructures d’hébergement répondent à toutes les attentes. Le secteur central de Chigoubiche propose 11 chalets confortables en bordure de lac, parfaits pour des groupes de 2 à 6 personnes. Plus au nord, le secteur Nicabau propose quatre nouveaux chalets en bois de style Horizon, complétés par deux unités au lac Charron. Conçus en partenariat avec la communauté innue de Mashteuiatsh, ces chalets modernes accueillent jusqu’à 6 invités. Pour une intimité absolue, le secteur du lac Dufferin, au sud, dispose d’un unique chalet isolé pour 6 personnes, garantissant l’exclusivité totale de son plan d’eau.
Les amateurs de camping disposent de trois options distinctes. Le site principal de l’accueil Chigoubiche propose une quarantaine d’emplacements aménagés sans service, avec accès à un bloc sanitaire complet. Le secteur du Lac-du-Milieu offre quant à lui 10 emplacements rustiques à proximité de l’accueil sud. Enfin, pour les plus téméraires, le camping-pêche en zone éloignée permet de planter sa tente directement aux abords de lacs sauvages et isolés, loin de la route 167.
Pour agrémenter le séjour, l’accueil Chigoubiche abrite un dépanneur proposant des produits de base, de l’essence, de la glace, ainsi que des appâts et des leurres. La réserve permet également de pratiquer le canot-camping sur la spectaculaire et sauvage rivière Ashuapmushuan, sans oublier la cueillette de bleuets, incontournable en saison. Bien que le trajet demande environ 7 heures de route depuis Montréal et 4 heures depuis Québec, l’intégralité du voyage s’effectue sur une route asphaltée, protégeant ainsi les embarcations et les véhicules des rigueurs des chemins forestiers. C’est l’endroit idéal pour initier la relève à la faune, d’autant plus qu’un arrêt familial au Zoo sauvage de Saint-Félicien s’intègre parfaitement au voyage. Osez franchir le pas : une fois que vous aurez goûté à la magie d’Ashuapmushuan, la route ne sera plus jamais un obstacle.
Pour plus d’infos ou pour réserver un séjour :
https://www.sepaq.com/rf/ash/
2e coup de cœur
PORT-CARTIER–SEPT-ÎLES
Une réserve faunique où les poissons indigènes abondent
Par Louis Turbide, rédacteur en chef

Il y a plusieurs années, j’ai lu un reportage sur la pêche à la réserve faunique de Port-Cartier–Sept-Îles, et je suis tombé sous le charme de cette destination où la pression de pêche est à peu près nulle et les ombles de fontaine indigènes abondent. Un endroit quasi sauvage qui valait vraiment la peine d’être visité et que j’ai finalement fréquenté à six reprises avant le reportage qui fait l’objet de cet article.
Mon fils Éric était haut comme trois pommes lorsque je lui ai fait découvrir ce petit coin de paradis. J’estimais que c’était l’endroit idéal pour initier un jeune à la pêche, et je ne m’étais pas trompé. Que de souvenirs enfouis dans ma mémoire ont refait surface lorsqu’on m’a confié ce reportage. Des pêches mémorables aux lacs Culotte, Nord et Arthur, pour ne nommer que ceux-là.
Je me rappelle notamment une sortie de pêche où mon moteur hors-bord m’avait causé un léger problème. Pendant que je tentais de découvrir l’origine de la panne, mon fils n’avait pas cessé de pêcher, voulant absolument prendre plus de poissons que son père. Je l’entends encore rire à chacune de ses captures et me dire : «Prends ton temps papa, j’ai le lac à moi tout seul…»
C’est donc en pays de connaissance que je m’y suis rendu. C’est dans cet état d’esprit que nous sommes partis pour cette destination prometteuse. Le poste d’accueil de la réserve faunique de Port-Cartier–Sept-Îles, située à 27 km de la ville de Port-Cartier, elle-même à 560 km de la ville de Québec.
Séjour au secteur du lac Arthur
Au secteur du lac Arthur, il est possible d’y loger en chalet Modik, en camp rustique ou en camping. Cette partie de la réserve est fort populaire, et ce sont en grande partie les mêmes gens qui y retournent chaque année, ce qui confirme la qualité de la pêche et des lieux.

Au secteur du lac Arthur il est possible de louer des chalets Modik.
Qu’on désire découvrir ce territoire en famille ou au sein d’un groupe de pêcheurs aventureux à la recherche de lacs qui n’ont presque jamais été exploités, le secteur du lac Arthur saura plaire. Contrairement à bien des secteurs de pêche, celui du lac Arthur offre des possibilités infinies. Ainsi, on peut pêcher dans des lacs où se trouvent déjà des embarcations de la réserve, ou partir à l’aventure avec son canot, par exemple.
De notre côté, la pêche a été somme toute facile. Les cuillères ondulantes de type Cami au prisme argenté agrémentées d’un bas de ligne et d’un ver produisent facilement les résultats escomptés. Nous n’avons aucune difficulté à prendre nos quotas qui, dans cette réserve faunique, sont de 20 ombles de fontaine (dont un maximum de 5 ombles chevaliers) par personne. La pression de pêche à cet endroit est tellement infime que garder un quota de pêche quotidien aussi élevé ne pose aucun problème.
En fait, il serait théoriquement possible de récolter plus de 200 000 truites mouchetées par année dans la réserve faunique de Port-Cartier–Sept-Îles, mais seulement 15 % d’entre elles sont pêchées actuellement.
À cette occasion, les lacs Arthur ainsi que le lac Perdu ont contribué au succès de ce reportage. Ayant capturé des truites aux couleurs exceptionnelles dont le poids moyen tourne autour de 300 g, je considère ces résultats comme très satisfaisants compte tenu de la présence de ce front froid majeur.

Le frère de l’auteur avec une belle mouchetée indigène de la réserve.
Conclusion
Même si j’avais déjà fréquenté la réserve faunique de Port-Cartier–Sept-Îles à maintes reprises, j’ai pu encore une fois m’imprégner de cette nature quasi vierge qui ne demande qu’à être découverte. Et vous, quand réservez-vous?
Pour plus d’infos ou pour réserver un séjour :
https://www.sepaq.com/rf/spc/
3e coup de cœur
DESTINATION PÊCHE : Les touladis du Bark Lake
Une destination de premier plan pour les amateurs de truites grises
Par Richard Monfette, coordonnateur d’édition

Belle grise de plus de 11 lb capturée par l’auteur dans le Bark Lake.
Il y a quelques années, pour nos vacances estivales en compagnie de nos amis, nous avons choisi de réserver un séjour en camping dans la réserve faunique La Vérendrye. Notre objectif : tenter notre chance dans la portion sud du réservoir Cabonga, plus précisément au lac de l’Écorce, que l’on appelle plus familièrement le Bark Lake. Après un agréable voyage d’un peu plus de 300 km sur l’autoroute des Laurentides puis la route 117, nous arrivons en fin de journée à notre site de campement. Celui-ci est situé au kilomètre 5 de la route 25, un embranchement qui se trouve tout juste après le célèbre centre de services Le Domaine.
Aidé de ma petite famille, ma conjointe Nathalie et notre fille Catherine, nous installons rapidement notre tente-roulotte. Pendant ce temps, nos amis de longue date, Jean et Véro, font la mise au niveau de leur beau petit VR. C’est finalement devant un bon feu de camp, par une température plutôt fraîche pour la saison, que se termine cette longue journée. Avec mon complice Jean, nous préparons notre sortie du lendemain, tandis que les filles ont déjà hâte de mouiller leurs kayaks dans la magnifique baie bordant le camping.

Une première soirée fraîche du mois d’août autour du feu en bonne compagnie.
Possibilités de camping sur la route 25
Le camping du kilomètre 5, où nous avons séjourné, se situe dans la Baie Burns sur une superbe et grande presqu’île sablonneuse. C’est le point de départ idéal pour explorer la portion sud du réservoir Cabonga. Pratiquement tous les emplacements (13 sur 14) bordent l’eau, permettant de garder son embarcation à vue devant le campement. De plus, cette proximité offre des paysages à couper le souffle, surtout au coucher du soleil. Ce sont des sites rustiques sans services, donc peu dispendieux. Les chiens y sont acceptés en laisse.

Magnifique coucher de soleil pouvant être observé à partir de notre site de camping de la Baie Burns.
Le site propose deux bonnes descentes de bateau adaptées aux grosses embarcations. Lors de ma dernière visite, on pouvait louer des chaloupes en fibre de verre de 15 pieds sans moteur (disponibilité à vérifier avec les responsables). Bien que pratiques pour les baies, elles sont moins adaptées aux grands élargissements venteux. Pour naviguer en sécurité et maximiser son temps au Bark Lake, une chaloupe de 16 pieds ou plus avec un moteur performant est recommandée. D’autres campings rustiques jalonnent aussi la route 25 aux kilomètres 11 et 24.
La grise à l’honneur
Bien que le doré y soit très présent, le Bark Lake est réputé pour la qualité de sa pêche à la truite grise. Lors de notre passage en août 2020, le succès fut au rendez-vous. Après avoir exploré plusieurs secteurs, c’est dans la grande fosse à la sortie de la Baie Burns, face à la Baie Brady, que nous avons fait nos meilleures pêches.
Je suivais une profondeur de 75 à 90 pieds, là où le sondeur affichait de nombreux poissons. La pente étant graduelle, les adeptes de downrigger auraient adoré. N’étant pas équipé ainsi, j’ai opté pour de gros gratteurs de fond artisanaux de plus de 6 onces, propulsés par une canne puissante et un moulinet à lancer lourd rempli de fil tressé de 30 livres. Côté leurre, la cuillère Thinfish de Mooselook (argent et cuivre) a été de loin la plus efficace grâce à sa légèreté et ses reflets en argent véritable.
J’installe un bas de ligne en fluorocarbone de 12 livres (6 pieds) derrière le gratteur. À la traîne lente, on descend le tout en gardant une tension pour éviter les emmêlements. Une fois au fond, il faut y rester collé, quitte à passer régulièrement le moteur au neutre.
Cette action de « saute-mouton » provoque l’attaque des grises qui ont tendance à simplement suivre le leurre. En remontant, faites des tirades et des pauses : les touladis attaquent souvent par surprise, pensant que la proie s’échappe.

Un autre beau touladi leurré par l’auteur!
Des grises de toutes les tailles
La variété de tailles de nos captures a démontré la belle santé du lac. Chaque jour, nous avons sorti des truites parfaites pour le poêlon ainsi que de belles pièces dodues de plus de 8 livres, la plus grosse frôlant les 12 livres. Quel plaisir de combattre ces ogres qui refusaient de traverser la thermocline (à 35 pieds de profondeur)! En sentant l’eau chaude de surface, elles replongeaient vers les abysses en faisant chanter le frein du moulinet. Rappelons qu’au réservoir Cabonga, il n’y a pas de limite de taille, mais une limite stricte de deux poissons par jour, en plus des droits d’accès requis.

Jean, ami de l’auteur, tenant fièrement deux belles grises capturées dans le Bark Lake. Une belle illustration de la variété de tailles pouvant être capturée.
En conclusion
Malgré une météo en yo-yo passant de la pluie diluvienne au soleil de plomb, la pêche à la grise a fonctionné comme sur des roulettes. Ce voyage en camping rustique demeure accessible à toutes les bourses et facile d’accès. Une destination incontournable pour les passionnés de grises !
Pour plus d’infos ou pour réserver un séjour :
https://www.sepaq.com/rf/lvy/
